Petit Pays ou pourquoi je suis jalouse de Gaël Faye 

Au début, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour éviter de le lire.

Un peu, parce que tout le monde me harcelait pour que je le lise (je dois être la seule burundaise de leur contacts, faut comprendre) et beaucoup, parce que la dernière fois que j’ai tenu un livre qui parlait du conflit burundais, ça ne s’était pas très bien terminé surtout pour le livre.

Puis, ça a été les vacances, j’avais des journées entières à moi à remplir. Il y a longtemps que je n’ai plus le luxe de cette liberté totale et ce trop de plein de liberté m’a vite donné le vertige. J’ai voulu tout faire le premier jour. Le second jour j’étais fatiguée. Je suis restée dans cette maison. Ce n’était pas chez moi. J’ai regardé parmi les livres. Je fais toujours ça. Je regarde les livres des autres. Je ne dirais pas jusqu’à dire que je peux connaitre quelqu’un en regardant ce qu’il lit. Je n’analyse pas. Je me contente de feuilleter les bouquins et de trouver les arguments pour emprunter ceux qui m’intéressent. Il était là. Petit pays et sa couverture jaune vif si reconnaissable.

Jusqu’ici. Décidemment.

Je l’ai soupesé. Il n’était pas épais.

Je l’ai commencé sans attente ou plutôt pleine de préjugés. Tout le monde l’a aimé de ce que j’ai lu et parfois je veux bien être à contre-courant. Je l’ai terminé en larmes. Si vous l’avez lu, vous savez pourquoi.

Je l’ai lu en apnée. Gaël m’a tenu compagnie. Je peux l’appeler par son prénom désormais. Après des expériences comme celles qu’on a vécu ensemble, on est devenu proche. Sinon pourquoi m’avoir raconté tout ça ? A lui la crise, à moi l’exil.

Je suis jalouse de ce Burundi que je connaîtrais jamais, de cet avant « pas si paisible que ça mais un peu quand même», de « sa douleur » parce que moi je n’ai rien connu de tout ça. J’ai eu de la chance non ?

J’ai pris Gaël avec moi dans le train, dans le bus, au café. Quand je repense à cette après-midi entre Bujumbura et Kigali, je devais avoir une tête d’exaltée. Oui. Parce que pourvu que livre soit bon et je suis ailleurs. Tu souris à ta télé, je souris à mes livres. Je ferme les pages un moment et rejoue les scènes.

Ces moments-là étaient les plus faciles, parce qu’entre-temps le Burundi je l’ai connu. Je ne démarrais pas de nulle part. Malgré la tragédie ou à cause d’elle, il n’a pas beaucoup changé en surface. Les cabarets sont toujours là. Les pavés aussi. Les brochettes. La  chaleur. Le lac.

« Ma rose, mon cristal, mon pétale, ma terre natale »

« Petit pays » c’est l’histoire romancée de l’enfance presqu’heureuse de l’auteur qui bascule quand le Burundi sombre peu à peu dans la guerre.

« Petit Pays » c’est une ballade dans un Bujumbura avec une escale au Rwanda que les moins de 18 ans ne connaissent pas.

« Petit pays » c’est le cri d’un enfant qui n’a pas compris la folie des hommes et peine à refaire confiance.

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Bibi n’aime rien mais on l’aime quand même.

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S’il est un personnage que j’adore et que BillyZeKid aime bien, c’est BIBI.

Je pense qu’elle s’identifie à elle ou c’est plutôt moi avec tous mes « oh vous avez la même coiffure!, oh vous avez le même uniforme ». En effet, BIBI est une petite fille noire, avec des nattes et qui n’aime rien à priori. Faut la convaincre la BIBI, ce n’est pas une fille facile. A bien y penser, Bibi a la bonne approche de la vie.

Alors, quand j’ai découvert ce personnage à la librairie du quartier, il a aussitôt rythmé nos pré-dodos.

Comme tous les livres pour enfants, il y a une morale. On peut donc les choisir en fonction du « problème » du moment.

Par exemple :

  • Papou fait sa rentrée l’an prochain et n’est pas très enchanté –> Bibi n’aime pas l’école ;
  • Mamichou fait des chichis quand elle mange –> Bibi n’aime pas les légumes.

Le format est ludique et les grandes pages permettent une bonne prise en main par l’enfant. L’usage du papier glacé est également un plus. Il résiste assez bien aux assauts des petites mains un petit peu trop vigoureuses.

Mention spéciale pour les illustrations à base de collage.

Fun fact :  la première fois que j’ai fait un post sur ce personnage, c’était sur Instagram. C’est alors que me fut rappelé que l’auteur de la série BIBI était mon professeur d’arts plastique en classe de 5ème. Un prof qui m’avait dit des choses pas très sympa d’ailleurs.  Mais la vie continue et les gens ne sont pas tout bon ou tout mauvais! Il y a du bon et du mauvais en chacun de nous et c’est le bon qui dot être cultivé, encensé, clamé haut et fort.

Vous lisez avec vos enfants?

Vous leur lisez quoi?

 

 

Le jour où …

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J’ai compris que j’étais un mouton. 

Et que peut être que toi aussi 😉

La boite à goûter ou comment le marketing nous fait perdre la tête.

Tous les parents connaissent la boite à goûter, bien qu’il n’y ait même pas besoin d’être parents, ayant nous même été des enfants. Donc cette petite boite, ZE boite, on la connait.

En début d’année scolaire, ma technique consiste à prendre les affaires de la princesse en exemplaire unique : un sac, une gourde, une boite à goûter. On changera en cours de route quand ça gâte.

Ma technique peut se discuter. J’en connais qui achètent tout en double voire plus, pour parer au plus tôt en cas d’incident ou pour le simple plaisir du changement : A les jours pairs et B les jours impairs. Je ne juge pas. Ne jugez pas. Chacun son truc.

Une boite de bonne qualité peut durer la moitié de la scolarité ou même toute l’année pour ceux que les couleurs un peu pâtis ne dérangent pas. #slowconsommation.

Voila que le drame survient : le mécanisme de la boite de Billyzekid est foutu. Il faut en changer et vite ! Dieu merci, cela s’est passé un vendredi, j’avais donc tout le week-end devant moi.

Bien sûr, j’ai complètement zappé le samedi et ce n’est que le dimanche que je me suis mise à la recherche du précieux. Mauvaise idée. Les rayons « affaires scolaires » semblent n’être ravitaillés qu’en début d’année. Après vous n’y trouvez que les survivants ou ceux dont on n’a pas voulu. Bref, j’étais dans la mArde.

Je suis restée devant le rayon à le fixer. On ne sait jamais, ça pouvait la faire apparaître ! Tu sais comme le frigo que tu ouvres et ré-ouvres. Tadaaaa ! Me voilà.

Après quelques secondes, j’ai réalisé qu’il n’y avait plus de boites à goûter mais qu’on trouvait encore des boites toutes bêtes. Des boites qui peuvent contenir un goûter mais qui ont l’IMMENSE, l’INSURMONTABLE défaut d’être cataloguées boites. C’est ballot !

J’ai souri. Une de ces boites aurait fait le travail. Je le sais. Le monde entier le sait. Les gens qui nous font acheter des boites à goûter le savent. Par contre, Billyzekid ? j’en doute. Dois-je signaler que la boite à goûter coûte plus cher que la boite lambda ?

J’ai fait mon mouton. Je lui apprendrai plus tard la différence entre le diktat de la société et le besoin.

Ben du coup, son goûter le lendemain, tu l’as mis dans un sachet noir ?

Non. On avait en stock une boite toute colorée avec des dessins, une boite comme il faut (Merci Tata Gaga). Mais comme je la voyais comme une boite à déjeuner, je n’y ai pas pensé toute de suite. Foutu biais va. 😉

Taxis d’Abidjan – Leçon de conduite

KoneCranes Abidjan

 

Il faisait nuit et la nuit, je choisis prudemment. Je laisse passer les chauffeurs trop pressés, trop stricts, trop speed, que je ne sens pas. Quand je l’ai arrêté, il était souriant et un sourire ça vous met en confiance.

Une fois installé, j’ai reçu des vœux très chaleureux de santé de fer, de bonheur de fer et de toutes les choses de fer. Il était drôle. Il m’a aussi avoué qu’il était en train de rentrer chez lui à Vridi mais n’avait pas pu résister à mon sourire. Il a aussi dit qu’il aurait même pu me prendre me gratis si ce n’était pas le travail.

Dans ma tête, j’ai pensé « Oh ça va être long ce trajet ».

Puis il m’a demandé pourquoi je ne conduisais pas. Je m’apprêtais à répondre que je n’avais pas de voiture, quand il a enchaîné sur « tu as peur de conduire ? ».

J’étais obligée de répondre oui parce que c’est aussi l’une des raisons qui me fait dire que le volant n’est pas pour moi.

Il m’a alors dit : « Faut pas avoir peur. La conduite c’est dans la tête. A l’auto-école, on peut t’apprendre les pédales, tourner, etc mais ça commence dans la tête. La conduite c’est le gros cœur, le sang-froid. Si c’est 10 km/heures que tu maîtrises, tu fais ta chose. La personne qui klaxonne derrière toi c’est son problème, s’il est fatigué de t’attendre, il va te dépasser. Tu conduis pour toi et pour celui qui est devant. Les bruits de derrière ne doivent pas t’inquiéter. Tu vas vouloir les regarder, tu peux rater un danger de devant et bam ! Celui que tu voulais regarder ne va même pas s’arrêter pour toi, il va vous dévier et continuer.  Quand tu conduits tu te concentres sur toi et ton rythme. Ne te laisse pas distraire par ceux qui sont derrière. »

Il a parlé à mon âme.

Le jour où …

… j’ai pété les plombs chez le menuisier.*

Chose promise chose due.

Je suis quelqu’un de très mesurée en principe. Un principe que la réalité a tendance à soumettre à rude épreuve. la vie me teste. La vie est cette fois passée par la main du menuisier pour me rappeler que sur la route de la patience et de la maîtrise de soi, je ne suis nulle part et que je ferais mieux d’arrêter de vouloir donner des leçons aux gens qui ne sont pas capables d’attendre patiemment, de répondre posément, etc.

Voilà que je choisis les artisans avec lesquels je collabore principalement au critère de la proximité. Je n’ai point envie de me taper des bornes pour, au final, obtenir un rendu similaire à mon gars du quartier. Bien sûr comme tout le monde, je sauvegarde les posts sur Facebook qui font l’éloge de tel ou tel incroyable talent, mais comme 90% des gens je ne les contacte jamais. A la fin des fins, c’est toujours le bon gars du coin qui mange mon jeton.

Il s’est trouvé, merci Seigneur, que le menuisier du coin était fort. Vraiment fort. J’ai tout de suite été emballée par les réalisations que l’on pouvait observer dans son atelier. Et puis il parlait bien. Confiante, j’ai passé une première commande : salle à manger pour un prix que je tairais. Ma mère m’a donné ce sage conseil : « Avant qu’on ne vienne te dire que tu l’avais eu trop cher, tu étais contente de ton achat? c’est l’essentiel ».

Je n’ai pas été déçue : finitions, ressemblance, qualité. Tout y était. Je harcelais presque mes 3 camarades de venir me rendre visite : viens chez moi non, viens chez moi kai. Il fallait que ma beauté soit vue (oui je suis ce genre de personne) et bien sûr tout le monde tombait sous son charme.  Ni une, ni deux, ni trois, je passe ma deuxième commande : un meuble télé.

Jusqu’à aujourd’hui, je ne m’explique pas ce qui c’est passé. Entre les faux rendez-vous (mais vraiment de la grosse foutaise) pour m’entendre dire que la peinture n’était pas sèche, les appels jamais retournés et le coup du « il est prêt, je te le livre dans la journée », je nageais en plein délire. Un mardi matin, je me suis rendue dans son atelier. Je l’ai appelé pour l’entendre une énième fois me raconter des sornettes. Quand je lui ai demandé dans ce cas de me rembourser mon argent , il s’est aussitôt trouvé une course urgente à Yopougon qui lui prendrait toute la journée. Il ne viendrait donc pas à l’atelier.

C’était la foutaise de trop. J’ai respiré un coup. J’ai regardé ce qui était dans son atelier. J’ai repéré sur une table basse ni trop grande ni trop petite. J’ai hélé un taxi. J’ai dit à son apprenti de ne pas tenter de m’arrêter mais s’il pouvait m’aider à mettre le meuble dans le coffre ce serait sympa.

Le menuisier ne m’a jamais rappelé. Je ne l’ai jamais rappelé.

Je suis depuis l’heureuse propriétaire d’un meuble que je ne voulais pas et qui jure avec ma déco. L’emportement, ce n’est pas bon les enfants.

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’ai découvert qu’une jupe que je portais depuis presque une année était transparente. Ô honte!

 

*  une fois parmi tant d’autres.

 

Le jour où …

… J’ai pointé*.

Depuis que j’ai dû traverser ce désert ingrat, je vois d’un œil neuf et différent les personnes (hommes et femmes) qui osent se mettre à nu, aller au devant de l’inconnu et s’ouvrir. Parce qu’il faut vraiment être fou pour le faire!

Pointer, c’est baisser sa garde, c’est regarder « l’adversaire » dans les yeux et lui dire ce que l’on ressent. Pointer, c’est parfois payer le prix. Un grande penseuse a dit : le pointeur doit payer cash!

Pointer, c’est être inconfortable. C’est faire face à des silences qu’on ne sait comment interpréter, accepter les moues boudeuses, les « je t’aime, moi non plus », les appels jamais retournés, les rendez-vous reportés.

Du haut de mon unique expérience, je peux désormais affirmer que ce n’est pas une chose aisée. Mesdames et messieurs, soyez indulgents: ces visages hésitants, ce vocabulaire douteux, ces mines confites, ces yeux un peu perdus, … vous avez devant vous des cœurs ouverts.

Plus d’une fois j’ai failli lâcher l’affaire. A quoi bon? Parce qu’entre nous, il y aussi d’autres poissons dans la mer, plus coopératifs, moins regardants et peut-être même qui veulent finir dans mon assiette. Puis, je me rappelais le pourquoi de ma quête, je  prenais mon souffle et je revenais plus déterminée que jamais.

Pointer, c’est donner le meilleur de soi mais garder un peu pour après. Parce qu’il ne faut pas que passé le oui, le soufflé retombe… ou du moins pas trop tôt. Alors, tout charme et atouts dehors, j’ai joué le jeu de la séduction. Le but était de plaire et avant que l’objet de mes désirs ne s’intéresse à mon être, il fallait l’attacher avec mon paraître.

Pointer is art!

Cela pourrait être un message sur un tee-shirt.

Pointer, c’est plus facile d’en parler quand on a réussi. Oui, j’ai réussi.

Madame, Monsieur, j’écris pour un webzine. Il a dit oui. 😉

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’en ai eu marre que mon menuisier me prenne pour une cruche. Ce n’était pas joli joli.

 

 

* NDLR: pour les personnes étrangères au nouchi (langage urbain abidjanais, c’est draguer-faire la cour-courtiser).

Humeurs – Dieu ne donne pas tout

Qui n’a jamais entendu cette phrase? Est-elle typique à Abidjan? A la Côte d’Ivoire? à la sous-région? A l’Afrique? Au monde? Une choses est sûre, si tu as vécu et grandi à Abidjan, les chances sont très minces que tu aies pu y échapper. Si malgré tout, tu y as réussi, il faudra que tu m’expliques comment.

Ce bout de phrase, cette exclamation, cette sentence, je n’ai pas fait que la connaitre, je l’ai utilisé (Note le passé).

Dieu ne donne pas tout.

La messe est dite. Que veux-tu rajouter après ça? une histoire où Dieu Lui-même n’a pas donné. Toi tu es qui? Class is dismissed.

Cette phrase c’est la conclusion face à l’incompréhension. Elle est sortie aussi bien pour des situations graves que pour des situations qui le sont moins.

Elle est mariée mais son mari la trompe : Dieu ne donne pas tout.
Ils ont un enfant mais il est turbulent : Dieu ne donne pas tout.

Si l’idée me vient d’en parler, c’est qu’il y a une discussion récente (plus si récente, cet article ayant traîné dans mes brouillons pendant un temps trop long pour que je puisse l’avouer un jour) où la fameuse phrase a été prononcée une fois de plus. Il faut accepter, c’est comme ça.

Mais là, au contraire des fois précédentes, cela m’a choqué.  Quoi? Pourquoi? Comment?

Comme beaucoup de petites phrases passées dans le langage courant, elle pouvait être tiré d’un verset, ne sait-on jamais? Mais j’ai posé la question et j’ai fouillé un peu, googlé beaucoup. Rien. cette assertion n’a aucun fondement biblique.

Bien au contraire le Dieu de la Bible est celui de l’impossible et des miracles.

« Dieu ne donne pas tout » m’a rappelé le « Dieu n’a pas voulu » de Mwekassa. Pour ceux qui n’auraient pas vu la vidéo, allez fouillez dans son profil Facebook ou sur page Youtube.

Alors, arrière de nous ce fatalisme et cette attitude de passivité face à la vie, et à la place demandons éhontement, grandement, démésurement, acharnons nous sur le possible et laissons Le s’occuper du miracle.

 

Taxis d’Abidjan – Les Eléphants

KoneCranes Abidjan

 

Je n’avais pas la fièvre du match à venir mais l’atmosphère aidant, l’entourage galvanisant, la fièvre montant, je me suis retrouvée tellement dedans au point de vouloir y aller. Seulement, le constat est qu’à jour j-1, il n y a plus de tickets.

Mais voilà que je passe dans le stade et que l’espoir revient.

Moi au chauffeur: Chef, tu saurais où je peux trouver des tickets pour le match de demain ?

Lui : Vraiment si c’était avant, j’aurais pu te dire. Mais les éléphants de maintenant …

Moi : Ah Chef, c’est l’équipe nationale hein. 

Lui : Demande moi tout ce que tu veux sur l’ancienne équipe, je peux te répondre. Mais depuis la victoire à la CAN 2015, je n’ai plus regardé un seul match de notre équipe. Avant, je pouvais garer mon véhicule si je ne trouvais pas quelqu’un pour me remplacer, juste pour regarder leur match. Mais la nouvelle équipe, si je fais ça, c’est cadeau. Il me faire quel plaisir? Eléphants ça là, je peux pas faire programme pour eux. Donc vraiment je les supporte mais je suis lucide. Je ne suis pas de ces supporteurs qui voient les défauts des autres équipes mais rien de ce qui les concerne. Quand je vois nos Eléphants, je ne vois pas par où ils vont passer.

Taxis d’Abidjan

Taxis d’Abidjan -Yopougon VS Riviera

KoneCranes Abidjan

Dans le véhicule qui s’apprête à nous ramener vers la Riviera, nous nous installons dans une ambiance légère. Au moment de régler les frais de transport, une dame installée à l’arrière s’exclame : Pourquoi Plateau-Riviera est plus cher que Dabou-Abidjan? Vous les chauffeurs, Dieu vous voit.
Le chauffeur : A cause de Riviera, toi même tu n’entends pas ça? Ri-vie-ra, y’a l’argent là-bas.
La dame : Ah bon?
Le chauffeur : Bien sûr, d’ailleurs moi-même je viens de Yopougon pour prendre l’argent de Riviera pour aller dépenser à Yopougon. Petit argent de Riviera, à Yopougon je suis riche avec ça! Dimanche faut me voir, quand je passe on sait que je suis un vrai bété. Je sens bon et ce sont les filles qui me courent après. Voiture ça là, à Cocody personne ne va me regarder. Mais si je gare à Yopougon, tout de suite, elles vont apparaître. C’est moi qui n’aurait plus de réseau.
Nous nous sommes mis à rire.

Taxis d’Abidjan.

Taxis d’Abidjan – Née à Abobo

KoneCranes Abidjan

Entre midi et deux, il me fallait faire un aller – retour express pour remettre un colis. Il y avait du soleil, j’avais un peu la flemme, j’opte pour le taxi. Je m’installe à l’arrière. Quand je suis seule, je me mets instinctivement sur la banquette arrière, J’en vois qui grimpe à l’avant mais moi je suis de la team #àlarrière.

Donc une fois installée, je m’étale : porte-monnaie à gauche, téléphone à droite, esprit ailleurs.

Le chauffeur me rappelle à l’ordre : Madame, faut attraper ton porte-monnaie là!
Moi : Il est quand même éloigné de la vitre, comment vous voulez que quelqu’un l’attrape?
Lui : D’accord. Quand ils vont faire, tu vas voir comment on fait.
Moi (il avait djô) : Pardon, je vais attraper.
Lui : Vous les clients vous n’aimez pas écoutez. Ça me rappelle un jour, une dame monte et nous prenons la direction d’Abobo. Elle s’était installée devant. Je lui dis « ah Madame, là où nous allons passé, il  y a des carrefours dangereux. Si tu peux, il faut mettre ton sac là (il indique le bas, l’espace devant la boite à gant) et tu bloques avec ton pied. Elle me repond qu’elle est née à Abobo. Je lui ai dis « Ah d’accord ». Ça n’a pas manqué, on lui a arraché son sac, seule la corde est restée dans sa main. Là voila qui crie en agitant les bras: « mon sac… wooo wooo wooo… voleur… ». Je lui dit : « Non Madame, faut pas pleurer, c’est maintenant tu dois montrer que tu es née à Abobo ».