Taxis d’Abidjan – Les sondages

KoneCranes Abidjan
Taxi cabs are painted in orange, and leave space for hand-painted messages, as here they claim ‘It’s God who is strong’ and ‘Thanks God’ (in French), in Abidjan, Ivory Coast, on November 4, 2010. Photo by Lucas Schifres/Pictobank

S’il y a bien une chose à laquelle je suis habituée, ce sont les « non » des chauffeurs de taxi les matins. Douce mélodie à mes oreilles. Parce que ça veut déjà dire qu’il a pris la peine de te répondre, sinon c’est démarrage abrupt …

J’en étais à mon 3ème « non » quand un taxi s’arrête de lui-même de l’autre côté de la voie. Je fais Plateau avec la bouche. Il fait un de ces visages… Mais il accepte ! Je prie intérieurement qu’il n’y ait pas trop de bouchons. Je me sens toujours mal quand on se retrouve coincé dans un embouteillage.

Il écoute RFI. Ça change. « Etats-Unis 46 % des électeurs affirment qu’il ne voteront plus pour Trump à la prochaine élection ou un truc du genre. »

Lui : Oh il a perdu. Chez eux sondage c’est comme vote. C’est pas comme ici.

Moi : Ah bon ?

Lui : Ouiiii. Eux, ils n’ont pas peur. Je me souviens encore une année, il y avait eu pour des élections en France un débat télévisé au cours duquel un monsieur a dit droit dans les yeux à Sarkozy qu’il ne voterait pas pour lui. Qui peut faire ça ici ? Ou bien tu vas rester à la RTI là-bas ? Parce que ceux sont même pas les militaires qui vont te trouver, ceux sont tes voisins au quartier qui t’ont vu, c’est à eux que tu auras affaire. C’est pour ça qu’on ne peut jamais dire la vérité dans les sondages. Tu réponds en fonction de celui qui est en face de toi.

Moi : Hahahaha

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Taxis d’Abidjan – L’homme souriant

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Taxi cabs are painted in orange, and leave space for hand-painted messages, as here they claim ‘It’s God who is strong’ and ‘Thanks God’ (in French), in Abidjan, Ivory Coast, on November 4, 2010. Photo by Lucas Schifres/Pictobank

Depuis qu’ils réhabilitent les routes dans mon quartier, la voie secondaire qu’est ma rue s’est transformée en un boulevard. La circulation est beaucoup plus dense et il faut redoubler de vigilance dès qu’on franchit le portail de la cour. Mais d’un autre côté, c’est devenu beaucoup plus facile de trouver un taxi jaune ou rouge.

Un matin, alors que je me glisse à l’arrière d’un taxi jaune (woro-woro pour les intimes) mon voisin m’interpelle. Nous l’appellerons « l’homme souriant ».

L’homme souriant : Vous sentez la rose.

Moi ou la meuf qui ne sait pas comment réagir aux compliments : Ah bon ?

L’homme désormais très souriant : c’est un compliment.

Moi me rattrapant : oh merci !

L’homme souriant toujours très sourire : ça doit faire la troisième fois qu’on se retrouve dans la même voiture.

Moi ne sachant pas quoi répondre : Vous avez une bonne mémoire.

Plus aucun mot n’est échangé et peu avant le terminus, l’homme souriant tend un billet au chauffeur en disant : pour moi et la dame à la rose.

Moi souriante : Merci beaucoup !

L’homme souriant qui ne perd décidément pas son sourire : Bonne journée!

Pas de demande de nom et/ou numéro, pas de refus poli, pas d’insistance, pas de réponse extirpée. C’était pur. L’homme souriant si jamais tu passes par ici 🙂

Et toi tu as déjà vécu un fait cocasse dans un #taxidAbidjan ?

L’Attrape-cœurs ou pourquoi Salinger ne pouvait en écrire qu’un (… ou presque)

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Quand j’ai vu ce livre chez un ami, j’ai dû faire une mini danse de la joie. Quand je suis contente, je suis dans l’excès. Quand je me sens mal aussi (#jeracontemavie). Et pour que ce soit clair, oui! oui, j’abuse des bibliothèques d’autrui. Mais je suis une femme bien, je rends les bouquins après. Alors, Boss garde la foi, il te reviendra. 😉

L’Attrape cœur, je le connaissais sans même l’avoir lu. C’est que sa réputation l’avait précédé. On connait tous l’Attrape-cœurs. Shame on you, si tu n’en as jamais entendu parler. Ce livre, que dis-je, cette œuvre est restée au panthéon de la littérature entraînant avec elle son auteur : Salinger. C’est un livre incontournable.

[NDLR: Après le succès incroyable de son roman ou à cause, Salinger David Jerome a vécu reclus.]

Déjà,  j’affirme qu’il s’agit d’une histoire inspirée de faits réels et ceci n’est pas un débat. D’ailleurs, je n’écoute plus, j’ai bouché mes oreilles et je n’en démordrais pas bicause (wink !) il y a des situations-émotions-sensations qui ne se simulent pas, même avec la plus grande des imaginations. Croyez-moi, en matière d’imagination, je sais de quoi je parle!

Je l’ai aimé dès la première page. Si tu me suis sur Instagram, tu as dû en voir passer des pages et des pages de ce livre dans mes stories. Sinon, tu attends quoi pour le faire ?(leblabladegretha).

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Il y a des livres lents, plein de description dont on ne sait pas vraiment quoi faire, des livres dont on pourrait facilement sauter trois pages et ne rien manquer de l’action. Pas celui-ci. Chaque page compte. Chaque phrase compte. Chaque mot compte. J’exagère à peine. C’est un condensé d’émotions, un trop plein de leçons. C’est une vie dont on espère qu’elle finira bien. Il m’a fait rire, sourire, me rappeler, réfléchir, jurer, promettre, comprendre. Merci Monsieur !

« L’Attrape-cœurs », c’est comme les montagnes russes : on ferme les yeux par moment.

« L’Attrape-cœurs », c’est les premiers émois, les premières rebellions, les premiers gâchis, les premières déceptions, les premiers doutes.

« L’Attrape-cœurs », c’est un appel au secours.

PS: Le pourquoi du titre du livre est si beau, si pur… si naif.

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Tu lis quoi en ce moment ?

Taxis d’Abidjan – La robe de mariée

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Taxi cabs are painted in orange, and leave space for hand-painted messages, as here they claim ‘It’s God who is strong’ and ‘Thanks God’ (in French), in Abidjan, Ivory Coast, on November 4, 2010. Photo by Lucas Schifres/Pictobank

Au début, j’ai regardé attentivement le mouvement de ses yeux, j’ai suivi ses réflexes et quand j’ai été rassurée qu’il n’avait pas sommeil ou n’était pas fatigué, je me suis dit que j’allais restée dans ma bulle à rêvasser. J’étais gentiment installée à l’arrière (plutôt à l’avant ou à l’arrière d’ailleurs quand vous prenez un taxi?) et le laissait emprunter ses longs sentiers sensés nous faire éviter les embouteillages (si ça lui faisait plaisir !)

Et puis sans prévenir, il s’est retourné et m’a demandé s’il pouvait me poser une question. Walaye, j’ai tout imaginé, mais j’ai quand même dit oui ou plutôt «  « Je vous écoute ».

Lui : La robe de mariée, c’est obligatoire qu’elle soit blanche ?

Moi : euh non ! Vous auriez voulu qu’elle soit comment ?

Lui : Une robe en pagne, un pagne vlisco bien cousu.

Moi (amusée) : Ah oui. C’est une idée. Pourquoi pas ? Il n’y a pas de règles. C’est plutôt une tradition mais bonne chance pour  lui faire changer d’avis hein …

Lui (surtout pour lui-même) : C’est vrai que le blanc c’est joli. On voit bien la mariée dedans. Mais je me demandais si on était obligé.

Moi : Non, du tout ! De plus en plus de personnes tentent autre chose. Donc si elle est d’accord, la robe peut être rose, rouge, jaune, en pagne, …. En tout cas moi, j’aurai une robe blanche.

Il s’est retourné, il m’a souri.

Petit Pays ou pourquoi je suis jalouse de Gaël Faye 

Au début, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour éviter de le lire.

Un peu, parce que tout le monde me harcelait pour que je le lise (je dois être la seule burundaise de leur contacts, faut comprendre) et beaucoup, parce que la dernière fois que j’ai tenu un livre qui parlait du conflit burundais, ça ne s’était pas très bien terminé surtout pour le livre.

Puis, ça a été les vacances, j’avais des journées entières à moi à remplir. Il y a longtemps que je n’ai plus le luxe de cette liberté totale et ce trop de plein de liberté m’a vite donné le vertige. J’ai voulu tout faire le premier jour. Le second jour j’étais fatiguée. Je suis restée dans cette maison. Ce n’était pas chez moi. J’ai regardé parmi les livres. Je fais toujours ça. Je regarde les livres des autres. Je ne dirais pas jusqu’à dire que je peux connaitre quelqu’un en regardant ce qu’il lit. Je n’analyse pas. Je me contente de feuilleter les bouquins et de trouver les arguments pour emprunter ceux qui m’intéressent. Il était là. Petit pays et sa couverture jaune vif si reconnaissable.

Jusqu’ici. Décidemment.

Je l’ai soupesé. Il n’était pas épais.

Je l’ai commencé sans attente ou plutôt pleine de préjugés. Tout le monde l’a aimé de ce que j’ai lu et parfois je veux bien être à contre-courant. Je l’ai terminé en larmes. Si vous l’avez lu, vous savez pourquoi.

Je l’ai lu en apnée. Gaël m’a tenu compagnie. Je peux l’appeler par son prénom désormais. Après des expériences comme celles qu’on a vécu ensemble, on est devenu proche. Sinon pourquoi m’avoir raconté tout ça ? A lui la crise, à moi l’exil.

Je suis jalouse de ce Burundi que je connaîtrais jamais, de cet avant « pas si paisible que ça mais un peu quand même», de « sa douleur » parce que moi je n’ai rien connu de tout ça. J’ai eu de la chance non ?

J’ai pris Gaël avec moi dans le train, dans le bus, au café. Quand je repense à cette après-midi entre Bujumbura et Kigali, je devais avoir une tête d’exaltée. Oui. Parce que pourvu que livre soit bon et je suis ailleurs. Tu souris à ta télé, je souris à mes livres. Je ferme les pages un moment et rejoue les scènes.

Ces moments-là étaient les plus faciles, parce qu’entre-temps le Burundi je l’ai connu. Je ne démarrais pas de nulle part. Malgré la tragédie ou à cause d’elle, il n’a pas beaucoup changé en surface. Les cabarets sont toujours là. Les pavés aussi. Les brochettes. La  chaleur. Le lac.

« Ma rose, mon cristal, mon pétale, ma terre natale »

« Petit pays » c’est l’histoire romancée de l’enfance presqu’heureuse de l’auteur qui bascule quand le Burundi sombre peu à peu dans la guerre.

« Petit Pays » c’est une ballade dans un Bujumbura avec une escale au Rwanda que les moins de 18 ans ne connaissent pas.

« Petit pays » c’est le cri d’un enfant qui n’a pas compris la folie des hommes et peine à refaire confiance.

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BIBI n’aime rien mais on l’aime quand même

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S’il est un personnage que j’adore et que BillyZeKid aime bien, c’est BIBI.

Je pense qu’elle s’identifie à elle ou c’est plutôt moi avec tous mes « oh vous avez la même coiffure!, oh vous avez le même uniforme ». En effet, BIBI est une petite fille noire, avec des nattes et qui n’aime rien à priori. Faut la convaincre la BIBI, ce n’est pas une fille facile. A bien y penser, Bibi a la bonne approche de la vie.

Alors, quand j’ai découvert ce personnage à la librairie du quartier, il a aussitôt rythmé nos pré-dodos.

Comme tous les livres pour enfants, il y a une morale. On peut donc les choisir en fonction du « problème » du moment.

Par exemple :

  • Papou fait sa rentrée l’an prochain et n’est pas très enchanté –> Bibi n’aime pas l’école ;
  • Mamichou fait des chichis quand elle mange –> Bibi n’aime pas les légumes.

Le format est ludique et les grandes pages permettent une bonne prise en main par l’enfant. L’usage du papier glacé est également un plus. Il résiste assez bien aux assauts des petites mains un petit peu trop vigoureuses.

Mention spéciale pour les illustrations à base de collage.

Fun fact :  la première fois que j’ai fait un post sur ce personnage, c’était sur Instagram. C’est alors que me fut rappelé que l’auteur de la série BIBI était mon professeur d’arts plastique en classe de 5ème. Un prof qui m’avait dit des choses pas très sympa d’ailleurs.  Ah la vie!

Vous lisez avec vos enfants?

Vous leur lisez quoi?

 

 

 

Le jour où …

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… J’ai compris que j’étais un mouton. 

Et que peut être que toi aussi 😉

La boite à goûter ou comment le marketing nous fait perdre la tête.

Tous les parents connaissent la boite à goûter, bien qu’il n’y ait même pas besoin d’être parents, ayant nous même été des enfants. Donc cette petite boite, ZE boite, on la connait.

En début d’année scolaire, ma technique consiste à prendre les affaires de la princesse en exemplaire unique : un sac, une gourde, une boite à goûter. On changera en cours de route quand ça gâte.

Ma technique peut se discuter. J’en connais qui achètent tout en double voire plus, pour parer au plus tôt en cas d’incident ou pour le simple plaisir du changement : A les jours pairs et B les jours impairs. Je ne juge pas. Ne jugez pas. Chacun son truc.

Poursuivre la lecture « Le jour où … »

Taxis d’Abidjan – Leçon de conduite

KoneCranes Abidjan

 

Il faisait nuit et la nuit, je choisis prudemment. Je laisse passer les chauffeurs trop pressés, trop stricts, trop speed, que je ne sens pas. Quand je l’ai arrêté, il était souriant et un sourire ça vous met en confiance.

Une fois installé, j’ai reçu des vœux très chaleureux de santé de fer, de bonheur de fer et de toutes les choses de fer. Il était drôle. Il m’a aussi avoué qu’il était en train de rentrer chez lui à Vridi mais n’avait pas pu résister à mon sourire. Il a aussi dit qu’il aurait même pu me prendre me gratis si ce n’était pas le travail.

Dans ma tête, j’ai pensé « Oh ça va être long ce trajet ».

Puis il m’a demandé pourquoi je ne conduisais pas. Je m’apprêtais à répondre que je n’avais pas de voiture, quand il a enchaîné sur « tu as peur de conduire ? ».

J’étais obligée de répondre oui parce que c’est aussi l’une des raisons qui me fait dire que le volant n’est pas pour moi.

Il m’a alors dit : « Faut pas avoir peur. La conduite c’est dans la tête. A l’auto-école, on peut t’apprendre les pédales, tourner, etc mais ça commence dans la tête. La conduite c’est le gros cœur, le sang-froid. Si c’est 10 km/heures que tu maîtrises, tu fais ta chose. La personne qui klaxonne derrière toi c’est son problème, s’il est fatigué de t’attendre, il va te dépasser. Tu conduis pour toi et pour celui qui est devant. Les bruits de derrière ne doivent pas t’inquiéter. Tu vas vouloir les regarder, tu peux rater un danger de devant et bam ! Celui que tu voulais regarder ne va même pas s’arrêter pour toi, il va vous dévier et continuer.  Quand tu conduits tu te concentres sur toi et ton rythme. Ne te laisse pas distraire par ceux qui sont derrière. »

Il a parlé à mon âme.

Le jour où …

… j’ai pété les plombs chez le menuisier.*

Chose promise chose due.

Je suis quelqu’un de très mesurée en principe. Un principe que la réalité a tendance à soumettre à rude épreuve. la vie me teste. La vie est cette fois passée par la main du menuisier pour me rappeler que sur la route de la patience et de la maîtrise de soi, je ne suis nulle part et que je ferais mieux d’arrêter de vouloir donner des leçons aux gens qui ne sont pas capables d’attendre patiemment, de répondre posément, etc.

Voilà que je choisis les artisans avec lesquels je collabore principalement au critère de la proximité. Je n’ai point envie de me taper des bornes pour, au final, obtenir un rendu similaire à mon gars du quartier. Bien sûr comme tout le monde, je sauvegarde les posts sur Facebook qui font l’éloge de tel ou tel incroyable talent, mais comme 90% des gens je ne les contacte jamais. A la fin des fins, c’est toujours le bon gars du coin qui mange mon jeton.

Il s’est trouvé, merci Seigneur, que le menuisier du coin était fort. Vraiment fort. J’ai tout de suite été emballée par les réalisations que l’on pouvait observer dans son atelier. Et puis il parlait bien. Confiante, j’ai passé une première commande : salle à manger pour un prix que je tairais. Ma mère m’a donné ce sage conseil : « Avant qu’on ne vienne te dire que tu l’avais eu trop cher, tu étais contente de ton achat? c’est l’essentiel ».

Je n’ai pas été déçue : finitions, ressemblance, qualité. Tout y était. Je harcelais presque mes 3 camarades de venir me rendre visite : viens chez moi non, viens chez moi kai. Il fallait que ma beauté soit vue (oui je suis ce genre de personne) et bien sûr tout le monde tombait sous son charme.  Ni une, ni deux, ni trois, je passe ma deuxième commande : un meuble télé.

Jusqu’à aujourd’hui, je ne m’explique pas ce qui c’est passé. Entre les faux rendez-vous (mais vraiment de la grosse foutaise) pour m’entendre dire que la peinture n’était pas sèche, les appels jamais retournés et le coup du « il est prêt, je te le livre dans la journée », je nageais en plein délire. Un mardi matin, je me suis rendue dans son atelier. Je l’ai appelé pour l’entendre une énième fois me raconter des sornettes. Quand je lui ai demandé dans ce cas de me rembourser mon argent , il s’est aussitôt trouvé une course urgente à Yopougon qui lui prendrait toute la journée. Il ne viendrait donc pas à l’atelier.

C’était la foutaise de trop. J’ai respiré un coup. J’ai regardé ce qui était dans son atelier. J’ai repéré sur une table basse ni trop grande ni trop petite. J’ai hélé un taxi. J’ai dit à son apprenti de ne pas tenter de m’arrêter mais s’il pouvait m’aider à mettre le meuble dans le coffre ce serait sympa.

Le menuisier ne m’a jamais rappelé. Je ne l’ai jamais rappelé.

Je suis depuis l’heureuse propriétaire d’un meuble que je ne voulais pas et qui jure avec ma déco. L’emportement, ce n’est pas bon les enfants.

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’ai découvert qu’une jupe que je portais depuis presque une année était transparente. Ô honte!

 

*  une fois parmi tant d’autres.

 

Le jour où …

… J’ai pointé*.

Depuis que j’ai dû traverser ce désert ingrat, je vois d’un œil neuf et différent les personnes (hommes et femmes) qui osent se mettre à nu, aller au devant de l’inconnu et s’ouvrir. Parce qu’il faut vraiment être fou pour le faire!

Pointer, c’est baisser sa garde, c’est regarder « l’adversaire » dans les yeux et lui dire ce que l’on ressent. Pointer, c’est parfois payer le prix. Un grande penseuse a dit : le pointeur doit payer cash!

Pointer, c’est être inconfortable. C’est faire face à des silences qu’on ne sait comment interpréter, accepter les moues boudeuses, les « je t’aime, moi non plus », les appels jamais retournés, les rendez-vous reportés.

Du haut de mon unique expérience, je peux désormais affirmer que ce n’est pas une chose aisée. Mesdames et messieurs, soyez indulgents: ces visages hésitants, ce vocabulaire douteux, ces mines confites, ces yeux un peu perdus, … vous avez devant vous des cœurs ouverts.

Plus d’une fois j’ai failli lâcher l’affaire. A quoi bon? Parce qu’entre nous, il y aussi d’autres poissons dans la mer, plus coopératifs, moins regardants et peut-être même qui veulent finir dans mon assiette. Puis, je me rappelais le pourquoi de ma quête, je  prenais mon souffle et je revenais plus déterminée que jamais.

Pointer, c’est donner le meilleur de soi mais garder un peu pour après. Parce qu’il ne faut pas que passé le oui, le soufflé retombe… ou du moins pas trop tôt. Alors, tout charme et atouts dehors, j’ai joué le jeu de la séduction. Le but était de plaire et avant que l’objet de mes désirs ne s’intéresse à mon être, il fallait l’attacher avec mon paraître.

Pointer is art!

Cela pourrait être un message sur un tee-shirt.

Pointer, c’est plus facile d’en parler quand on a réussi. Oui, j’ai réussi.

Madame, Monsieur, j’écris pour un webzine. Il a dit oui. 😉

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’en ai eu marre que mon menuisier me prenne pour une cruche. Ce n’était pas joli joli.

 

 

* NDLR: pour les personnes étrangères au nouchi (langage urbain abidjanais, c’est draguer-faire la cour-courtiser).