Le jour où …

… j’ai dû faire garder la bambine.

Travailler en dehors du domicile et devoir faire garder son enfant en bas-âge. Une équation à laquelle de nombreuses mamas sont confrontées. Passés les mois ou années d’amour collé-serré-chimenté et à un âge où l’enfant n’est pas encore scolarisable et même après, impossible d’échapper à la question du :

« Qui va veiller sur la prunelle de mes yeux ? »

Une question somme toute anodine qui de fil en aiguille, pour ma part, s’est transformée en casse -tête chinois, arnaques et maux de tête.

Début janvier, je suis donc partie en chasse (ceci est une figure de style).

Partie de zéro. Je n’avais aucune piste. En regardant avec le recul, je me demande sur quoi je comptais. Autour de moi, je voyais toutes mes mamies (contraction de amies et mama) plus ou moins logées à la même enseigne, à coup de :

« Hé, moi-même je cherche aussi, donc si tu trouves  pardon faut me dire aussi oh. »
« Ma chérie, la mienne a profité des fêtes de fin d’année là pour fuir oh. »
« Nounou qui est là actuellement, elle est trop nulle mais je ne gagne pas encore l’autre pour la changer. »

Là soudain, je réalise que ça va être dur. Pour pimenter le tout (oui le sel, ne suffisait pas), je poursuis trois poulets à la fois, donc je manque de temps pour tout ou je suis simplement désorganisée. Peu importe, le résultat est le même. Mon cerveau doit être guidé par une sorte de moto dans le style « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué/alambiqué/difficile/dangereux/hasardeux ? ». Affaire à creuser.

Pour en revenir donc à ma chasse, je suis passé par trois pistes.

Première tentative : L’AGENCE.

Ce n’est pas vraiment ce que je considère comme la voie idéale, parce qu’il s’agit vraiment de la rencontre d’inconnus par le biais d’inconnus. Le métier n’est pas totalement professionnalisé comme sous d’autres cieux. L’agence c’est uniquement la rencontre de l’offre (nounous) et de la demande (parents). Pas de garantie de moralité, de sérieux, de fiabilité. Rien. C’est Dieu qui nous sauve. Mais quand tu n’as rien, tu ne tries pas.

J’ai donc appelé une agence que l’on m’avait recommandée. Agence supposée réputée pour trouver des nounous d’enfer. La bonne dame que j’ai eu au téléphone et à qui j’ai laissé tous mes critères (1 seul en fait : disponible!) ne m’a jamais rappelé. JAMAIS.

Deuxième tentative : L’OFFRE TROP VRAIE POUR ETRE VRAIE

Une amie aussi désespérée que moi, trouve un filon et elle m’en fait part. Faire venir depuis l’intérieur une jeune fille dont je paierai le transport (elle n’a plus eu les moyens de revenir depuis la crise) et je me rembourserai sur son premier salaire. Elle a la vingtaine mais a déjà beaucoup d’expérience et est très gentille avec les enfants me dit-on. Euh, la crise c’était en quelle année dejà ?

Quelqu’un est-il surpris si je dis n’avoir jamais vu cette jeune fille. Le pire c’est la manière. De rendez-vous manqués en rendez-vous manqués, pour des prétextes savamment recherchés : «  elle a lavé ses habits, ils ne sont pas bien secs », « son portable est déchargé, je n’arrive pas à la joindre ».

Comme je n’ai pas gros cœur, et que façon affaire là s’en va, ça peut être pire devant. J’ai envoyé un message de bonne continuation dans ses entreprises au Monsieur mal-honnête (attention jeu de mots) qui nous avait mis en relation et j’ai repris le sentier.

Troisième tentative : LE BOUCHE A OREILLE

Entre temps, j’en avais parlé autour de moi à des gens qui en ont parlé autour d’eux. Avant que je n’ai eu le temps de peaufiner d’autres plans tous plus improbables les uns que les autres : la faire garder par le gardien au bas de l’immeuble, piéger chaque matin une connaissance à coup de « je reviens tout de suite », etc. j’ai reçu un message.

Une amie de ma sœur a trouvé quelqu’un.

Je suis partie, j’ai vue, j’ai dit oui. OUIIIIII, je le veux.

Conclusion : J’ai galéré (juste assez pour ne pas tomber dans la déprime mais sentir que ce n’est pas facile) mais je l’ai trouvé. J’espère la garder longtemps. La bambine a fini par s’habituer à elle et se jette sur elle quand elle revient de ses week-ends.

Sinon, il reste encore le choix des crèches et autres structures du même type qui se développent de plus en plus à Abidjan. Mais les horaires sont rigides et ne peuvent convenir qu’aux mamas ayant un emploi du temps lui-même rigide, sauf à employer une baby-sitter/aide/nounou/tata pour combler les heures de flottement, ce qui n’est pas affaire.

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