Humeur – Inspiration Francophone

Dans mon billet humeur précédent, je parlais des citations pour se motiver et de l’amour que j’ai pour elles, pour ce feu qu’elles allument, qu’elles entretiennent. Alors, quand j’ai eu l’occasion de vivre la citation motivantes en direct live, j’ai foncé. C’était forcément un clin d’œil divin.

Donc rendez-vous fût pris pour le vendredi 15 septembre 2017 à 19 heures avec à la clé : la promesse de repartir autre que je n’étais arrivée. Vendredi dernier en quittant l’Institut Français au Plateau à 22 heures, j’avais des étoiles plein les yeux, une envie de refaire mon monde et malgré mon voisin pas réceptif à mon humeur, j’étais perchée.

Je suis encore perchée quand j’écris ça.

J’ai vu des personnalités jeunes qui se bougent pour ce en quoi elles croient, qui se battent pour les autres et qui vivent leur rêve. Sur un même podium, différents profils, différentes approches, différentes visions avec ce dénominateur commun, celui de nous partager une recette, une version de l’épanouissement, de nous inviter à nous dépasser et à donner.

Ils étaient tous, chacun avec son histoire, son chemin, sa singularité porteur d’un message fort. Avec ma sensibilité, j’ai été particulièrement touchée par deux messages :

«  Donner de son temps, donner au suivant »
Sophie Tremblay, Canada
Avocate et entrepreneur.
Se bat pour les droits des générations futures notamment sur le monde de l’emploi.
Sensibilise les jeunes à la politique à travers une association.
Travaille probono pour chaque heure de travail rémunérée.

« Parfois, tu cherches le chemin et tu ne le trouves pas, parce que tu es celui qui doit ouvrir la voie »
Michel Joseph, Haïti
Journaliste.
Tombé dans le métier.
A choisi d’être une voix populaire.
A utilisé son micro pour reconnecter des familles.

Pourquoi eux? Parce que dans mes rêves de gloire, d’amour et de beauté, il y a toujours cette part pour l’autre, le prochain. Je rêve pour moi et les autres. Arriver à faire gagner ma cause et la cause d’autrui ? THIS IS GOAL.

En attendant de me lancer, je m’enivre de tous ces parcours courageux, parfois à contre-courant de ce « chacun pour soi » ambiant, qui osent faire la chose qu’on ne comprend pas forcément et qui ont raison.

A leur santé et à ma santé, je lève ce verre.

Les connaisseurs reconnaîtront 😉

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Elle et Lui – 17

– Alors ?

– …

– Fais pas ta mystérieuse. Vas-y, raconte!

– Je l’ai revu.

– Mais encore?

– Je l’ai revu et rien n’avait changé. Je parle pour moi. Lui, je ne sais pas. Je n’ai pas osé lui demander. Je me suis tue et j’ai souri. Il était lui. J’étais moi. Je n’ai pas immédiatement voulu mettre le nous sur la table.
Je suis arrivée en retard pour ne rien changer à mes habitudes, sauf que ce n’était pas vraiment de ma faute. L’enchaînement des transports ne m’avait tout simplement pas été favorable. J’étais sortie une heure et trente minutes plus tôt pour un trajet d’une heure et voilà. Mais quand tu as une réputation, rien de ce que tu pourrais dire ne pourrait te sauver.
J’avais même couru vers la fin avec l’espoir fou de rattraper le temps. Avant que la rame du métro ne marque l’arrêt, j’étais déjà aux portes, prête à démarrer. J’aurai dû attendre encore un peu, les correspondances à Montparnasse sont longues et j’ai bien failli y laisser mes poumons de fumeuse.
Je te donne cette vieille stratégie que j’aurai pu m’épargner hier : toujours arriver essoufflée, contrite et laisser son souffle court et sa mine défaite faire la moitié de l’excuse.
Je suis arrivée par le côté.
Il scrutait l’horizon. J’ai eu tout à coup peur. Un court instant, j’ai pensé envoyer un message et dire que je ne pourrais plus venir. J’ai aussi pensé me jeter dans ses bras. Je n’ai fait ni l’un ni l’autre. Je l’ai observé à la dérobée pour le fixer avant de me mettre dans son champ de vision. A chaque pas que je faisais, je rajeunissais d’une année. A deux pas de lui, j’avais désormais 21 ans.
Tu te souviens de cette question de Paulo Coehlo qui m’obsédait et que je ramenais sur le tapis à chaque discussion : « que regrette-on le plus? : les choses choses que l’on fait ou celles que l’on ne fait pas« . Le concernant, je sais. Je regrette de n’avoir rien dit quand il a dit non à cette dame qui proposait de nous prendre en photo.
On a traîné ça et là. Je l’ai trouvé tour à tour drôle, agaçant, agacé, beau, méchant, émouvant, perdu, rêveur, blessé, évasif, là, absent. Sans chichis. Real life baby. Il ne cherchait rien. J’étais presque moi. Je ne voulais pas l’effrayer. Je n’ai pas râlé une seule fois mais je n’ai pas bonne mémoire. Ma plus grande qualité et mon plus grand défaut.
On a marché jusqu’aux quais. On s’est un peu perdu avant de laisser le GPS nous guider. Puis, face à la Seine et ses péniches ça a semblé évident. Je l’avais forcé à ralentir et à s’asseoir et j’ai attendu.
« Et ta vie sentimentale? »
« Chaotique, désastreuse, est-ce-qu’il y a un truc qui cloche chez moi? j’attire les connards, … »
L’éventail des réponses que je lui devais était large mais j’ai choisi la plus facile « Je ne suis pas une gentille fille ».
Même si je suis presque sûre de l’avoir effrayé, il a eu la meilleure des réactions et pour ça je lui serais éternellement reconnaissante. Il m’a prise dans ses bras. Tout simplement. La sensation que j’ai éprouvée m’a rappelé la première fois où j’ai été embrassée. Le ciel tournait et ma tête avec elle. Cet instant fût pareil mais en mieux.
Il ne le saura jamais parce que je ne sais pas comment lui dire. Tous les mots me semblent gauches et une partie de moi a peur.
Je tombe sûrement dans le cliché mais je crois bien que cette journée m’a sauvée.

– …

– Tu ne dis rien?

– Tu veux l’épouser?

– Silly you.