Le jour où …

… J’ai pointé*.

Depuis que j’ai dû traverser ce désert ingrat, je vois d’un œil neuf et différent les personnes (hommes et femmes) qui osent se mettre à nu, aller au devant de l’inconnu et s’ouvrir. Parce qu’il faut vraiment être fou pour le faire!

Pointer, c’est baisser sa garde, c’est regarder « l’adversaire » dans les yeux et lui dire ce que l’on ressent. Pointer, c’est parfois payer le prix. Un grande penseuse a dit : le pointeur doit payer cash!

Pointer, c’est être inconfortable. C’est faire face à des silences qu’on ne sait comment interpréter, accepter les moues boudeuses, les « je t’aime, moi non plus », les appels jamais retournés, les rendez-vous reportés.

Du haut de mon unique expérience, je peux désormais affirmer que ce n’est pas une chose aisée. Mesdames et messieurs, soyez indulgents: ces visages hésitants, ce vocabulaire douteux, ces mines confites, ces yeux un peu perdus, … vous avez devant vous des cœurs ouverts.

Plus d’une fois j’ai failli lâcher l’affaire. A quoi bon? Parce qu’entre nous, il y aussi d’autres poissons dans la mer, plus coopératifs, moins regardants et peut-être même qui veulent finir dans mon assiette. Puis, je me rappelais le pourquoi de ma quête, je  prenais mon souffle et je revenais plus déterminée que jamais.

Pointer, c’est donner le meilleur de soi mais garder un peu pour après. Parce qu’il ne faut pas que passé le oui, le soufflé retombe… ou du moins pas trop tôt. Alors, tout charme et atouts dehors, j’ai joué le jeu de la séduction. Le but était de plaire et avant que l’objet de mes désirs ne s’intéresse à mon être, il fallait l’attacher avec mon paraître.

Pointer is art!

Cela pourrait être un message sur un tee-shirt.

Pointer, c’est plus facile d’en parler quand on a réussi. Oui, j’ai réussi.

Madame, Monsieur, j’écris pour un webzine. Il a dit oui. 😉

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’en ai eu marre que mon menuisier me prenne pour une cruche. Ce n’était pas joli joli.

 

 

* NDLR: pour les personnes étrangères au nouchi (langage urbain abidjanais, c’est draguer-faire la cour-courtiser).

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Humeurs – Dieu ne donne pas tout

Qui n’a jamais entendu cette phrase? Est-elle typique à Abidjan? A la Côte d’Ivoire? à la sous-région? A l’Afrique? Au monde? Une choses est sûre, si tu as vécu et grandi à Abidjan, les chances sont très minces que tu aies pu y échapper. Si malgré tout, tu y as réussi, il faudra que tu m’expliques comment.

Ce bout de phrase, cette exclamation, cette sentence, je n’ai pas fait que la connaitre, je l’ai utilisé (Note le passé).

Dieu ne donne pas tout.

La messe est dite. Que veux-tu rajouter après ça? une histoire où Dieu Lui-même n’a pas donné. Toi tu es qui? Class is dismissed.

Cette phrase c’est la conclusion face à l’incompréhension. Elle est sortie aussi bien pour des situations graves que pour des situations qui le sont moins.

Elle est mariée mais son mari la trompe : Dieu ne donne pas tout.
Ils ont un enfant mais il est turbulent : Dieu ne donne pas tout.

Si l’idée me vient d’en parler, c’est qu’il y a une discussion récente (plus si récente, cet article ayant traîné dans mes brouillons pendant un temps trop long pour que je puisse l’avouer un jour) où la fameuse phrase a été prononcée une fois de plus. Il faut accepter, c’est comme ça.

Mais là, au contraire des fois précédentes, cela m’a choqué.  Quoi? Pourquoi? Comment?

Comme beaucoup de petites phrases passées dans le langage courant, elle pouvait être tiré d’un verset, ne sait-on jamais? Mais j’ai posé la question et j’ai fouillé un peu, googlé beaucoup. Rien. cette assertion n’a aucun fondement biblique.

Bien au contraire le Dieu de la Bible est celui de l’impossible et des miracles.

« Dieu ne donne pas tout » m’a rappelé le « Dieu n’a pas voulu » de Mwekassa. Pour ceux qui n’auraient pas vu la vidéo, allez fouillez dans son profil Facebook ou sur page Youtube.

Alors, arrière de nous ce fatalisme et cette attitude de passivité face à la vie, et à la place demandons éhontement, grandement, démésurement, acharnons nous sur le possible et laissons Le s’occuper du miracle.

 

Taxis d’Abidjan – Les Eléphants

KoneCranes Abidjan

 

Je n’avais pas la fièvre du match à venir mais l’atmosphère aidant, l’entourage galvanisant, la fièvre montant, je me suis retrouvée tellement dedans au point de vouloir y aller. Seulement, le constat est qu’à jour j-1, il n y a plus de tickets.

Mais voilà que je passe dans le stade et que l’espoir revient.

Moi au chauffeur: Chef, tu saurais où je peux trouver des tickets pour le match de demain ?

Lui : Vraiment si c’était avant, j’aurais pu te dire. Mais les éléphants de maintenant …

Moi : Ah Chef, c’est l’équipe nationale hein. 

Lui : Demande moi tout ce que tu veux sur l’ancienne équipe, je peux te répondre. Mais depuis la victoire à la CAN 2015, je n’ai plus regardé un seul match de notre équipe. Avant, je pouvais garer mon véhicule si je ne trouvais pas quelqu’un pour me remplacer, juste pour regarder leur match. Mais la nouvelle équipe, si je fais ça, c’est cadeau. Il me faire quel plaisir? Eléphants ça là, je peux pas faire programme pour eux. Donc vraiment je les supporte mais je suis lucide. Je ne suis pas de ces supporteurs qui voient les défauts des autres équipes mais rien de ce qui les concerne. Quand je vois nos Eléphants, je ne vois pas par où ils vont passer.

Taxis d’Abidjan

Taxis d’Abidjan -Yopougon VS Riviera

KoneCranes Abidjan

Dans le véhicule qui s’apprête à nous ramener vers la Riviera, nous nous installons dans une ambiance légère. Au moment de régler les frais de transport, une dame installée à l’arrière s’exclame : Pourquoi Plateau-Riviera est plus cher que Dabou-Abidjan? Vous les chauffeurs, Dieu vous voit.
Le chauffeur : A cause de Riviera, toi même tu n’entends pas ça? Ri-vie-ra, y’a l’argent là-bas.
La dame : Ah bon?
Le chauffeur : Bien sûr, d’ailleurs moi-même je viens de Yopougon pour prendre l’argent de Riviera pour aller dépenser à Yopougon. Petit argent de Riviera, à Yopougon je suis riche avec ça! Dimanche faut me voir, quand je passe on sait que je suis un vrai bété. Je sens bon et ce sont les filles qui me courent après. Voiture ça là, à Cocody personne ne va me regarder. Mais si je gare à Yopougon, tout de suite, elles vont apparaître. C’est moi qui n’aurait plus de réseau.
Nous nous sommes mis à rire.

Taxis d’Abidjan.