Le jour où …

… j’ai pété les plombs chez le menuisier.*

Chose promise chose due.

Je suis quelqu’un de très mesurée en principe. Un principe que la réalité a tendance à soumettre à rude épreuve. la vie me teste. La vie est cette fois passée par la main du menuisier pour me rappeler que sur la route de la patience et de la maîtrise de soi, je ne suis nulle part et que je ferais mieux d’arrêter de vouloir donner des leçons aux gens qui ne sont pas capables d’attendre patiemment, de répondre posément, etc.

Voilà que je choisis les artisans avec lesquels je collabore principalement au critère de la proximité. Je n’ai point envie de me taper des bornes pour, au final, obtenir un rendu similaire à mon gars du quartier. Bien sûr comme tout le monde, je sauvegarde les posts sur Facebook qui font l’éloge de tel ou tel incroyable talent, mais comme 90% des gens je ne les contacte jamais. A la fin des fins, c’est toujours le bon gars du coin qui mange mon jeton.

Il s’est trouvé, merci Seigneur, que le menuisier du coin était fort. Vraiment fort. J’ai tout de suite été emballée par les réalisations que l’on pouvait observer dans son atelier. Et puis il parlait bien. Confiante, j’ai passé une première commande : salle à manger pour un prix que je tairais. Ma mère m’a donné ce sage conseil : « Avant qu’on ne vienne te dire que tu l’avais eu trop cher, tu étais contente de ton achat? c’est l’essentiel ».

Je n’ai pas été déçue : finitions, ressemblance, qualité. Tout y était. Je harcelais presque mes 3 camarades de venir me rendre visite : viens chez moi non, viens chez moi kai. Il fallait que ma beauté soit vue (oui je suis ce genre de personne) et bien sûr tout le monde tombait sous son charme.  Ni une, ni deux, ni trois, je passe ma deuxième commande : un meuble télé.

Jusqu’à aujourd’hui, je ne m’explique pas ce qui c’est passé. Entre les faux rendez-vous (mais vraiment de la grosse foutaise) pour m’entendre dire que la peinture n’était pas sèche, les appels jamais retournés et le coup du « il est prêt, je te le livre dans la journée », je nageais en plein délire. Un mardi matin, je me suis rendue dans son atelier. Je l’ai appelé pour l’entendre une énième fois me raconter des sornettes. Quand je lui ai demandé dans ce cas de me rembourser mon argent , il s’est aussitôt trouvé une course urgente à Yopougon qui lui prendrait toute la journée. Il ne viendrait donc pas à l’atelier.

C’était la foutaise de trop. J’ai respiré un coup. J’ai regardé ce qui était dans son atelier. J’ai repéré sur une table basse ni trop grande ni trop petite. J’ai hélé un taxi. J’ai dit à son apprenti de ne pas tenter de m’arrêter mais s’il pouvait m’aider à mettre le meuble dans le coffre ce serait sympa.

Le menuisier ne m’a jamais rappelé. Je ne l’ai jamais rappelé.

Je suis depuis l’heureuse propriétaire d’un meuble que je ne voulais pas et qui jure avec ma déco. L’emportement, ce n’est pas bon les enfants.

La prochaine fois, je vous raconte le jour où j’ai découvert qu’une jupe que je portais depuis presque une année était transparente. Ô honte!

 

*  une fois parmi tant d’autres.

 

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