Taxis d’Abidjan – L’homme souriant

KoneCranes Abidjan
Taxi cabs are painted in orange, and leave space for hand-painted messages, as here they claim ‘It’s God who is strong’ and ‘Thanks God’ (in French), in Abidjan, Ivory Coast, on November 4, 2010. Photo by Lucas Schifres/Pictobank

Depuis qu’ils réhabilitent les routes dans mon quartier, la voie secondaire qu’est ma rue s’est transformée en un boulevard. La circulation est beaucoup plus dense et il faut redoubler de vigilance dès qu’on franchit le portail de la cour. Mais d’un autre côté, c’est devenu beaucoup plus facile de trouver un taxi jaune ou rouge.

Un matin, alors que je me glisse à l’arrière d’un taxi jaune (woro-woro pour les intimes) mon voisin m’interpelle. Nous l’appellerons « l’homme souriant ».

L’homme souriant : Vous sentez la rose.

Moi ou la meuf qui ne sait pas comment réagir aux compliments : Ah bon ?

L’homme désormais très souriant : c’est un compliment.

Moi me rattrapant : oh merci !

L’homme souriant toujours très sourire : ça doit faire la troisième fois qu’on se retrouve dans la même voiture.

Moi ne sachant pas quoi répondre : Vous avez une bonne mémoire.

Plus aucun mot n’est échangé et peu avant le terminus, l’homme souriant tend un billet au chauffeur en disant : pour moi et la dame à la rose.

Moi souriante : Merci beaucoup !

L’homme souriant qui ne perd décidément pas son sourire : Bonne journée!

Pas de demande de nom et/ou numéro, pas de refus poli, pas d’insistance, pas de réponse extirpée. C’était pur. L’homme souriant si jamais tu passes par ici 🙂

Et toi tu as déjà vécu un fait cocasse dans un #taxidAbidjan ?

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L’Attrape-cœurs ou pourquoi Salinger ne pouvait en écrire qu’un (… ou presque)

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Quand j’ai vu ce livre chez un ami, j’ai dû faire une mini danse de la joie. Quand je suis contente, je suis dans l’excès. Quand je me sens mal aussi (#jeracontemavie). Et pour que ce soit clair, oui! oui, j’abuse des bibliothèques d’autrui. Mais je suis une femme bien, je rends les bouquins après. Alors, Boss garde la foi, il te reviendra. 😉

L’Attrape cœur, je le connaissais sans même l’avoir lu. C’est que sa réputation l’avait précédé. On connait tous l’Attrape-cœurs. Shame on you, si tu n’en as jamais entendu parler. Ce livre, que dis-je, cette œuvre est restée au panthéon de la littérature entraînant avec elle son auteur : Salinger. C’est un livre incontournable.

[NDLR: Après le succès incroyable de son roman ou à cause, Salinger David Jerome a vécu reclus.]

Déjà,  j’affirme qu’il s’agit d’une histoire inspirée de faits réels et ceci n’est pas un débat. D’ailleurs, je n’écoute plus, j’ai bouché mes oreilles et je n’en démordrais pas bicause (wink !) il y a des situations-émotions-sensations qui ne se simulent pas, même avec la plus grande des imaginations. Croyez-moi, en matière d’imagination, je sais de quoi je parle!

Je l’ai aimé dès la première page. Si tu me suis sur Instagram, tu as dû en voir passer des pages et des pages de ce livre dans mes stories. Sinon, tu attends quoi pour le faire ?(leblabladegretha).

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Il y a des livres lents, plein de description dont on ne sait pas vraiment quoi faire, des livres dont on pourrait facilement sauter trois pages et ne rien manquer de l’action. Pas celui-ci. Chaque page compte. Chaque phrase compte. Chaque mot compte. J’exagère à peine. C’est un condensé d’émotions, un trop plein de leçons. C’est une vie dont on espère qu’elle finira bien. Il m’a fait rire, sourire, me rappeler, réfléchir, jurer, promettre, comprendre. Merci Monsieur !

« L’Attrape-cœurs », c’est comme les montagnes russes : on ferme les yeux par moment.

« L’Attrape-cœurs », c’est les premiers émois, les premières rebellions, les premiers gâchis, les premières déceptions, les premiers doutes.

« L’Attrape-cœurs », c’est un appel au secours.

PS: Le pourquoi du titre du livre est si beau, si pur… si naif.

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Tu lis quoi en ce moment ?

Taxis d’Abidjan – La robe de mariée

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Taxi cabs are painted in orange, and leave space for hand-painted messages, as here they claim ‘It’s God who is strong’ and ‘Thanks God’ (in French), in Abidjan, Ivory Coast, on November 4, 2010. Photo by Lucas Schifres/Pictobank

Au début, j’ai regardé attentivement le mouvement de ses yeux, j’ai suivi ses réflexes et quand j’ai été rassurée qu’il n’avait pas sommeil ou n’était pas fatigué, je me suis dit que j’allais restée dans ma bulle à rêvasser. J’étais gentiment installée à l’arrière (plutôt à l’avant ou à l’arrière d’ailleurs quand vous prenez un taxi?) et le laissait emprunter ses longs sentiers sensés nous faire éviter les embouteillages (si ça lui faisait plaisir !)

Et puis sans prévenir, il s’est retourné et m’a demandé s’il pouvait me poser une question. Walaye, j’ai tout imaginé, mais j’ai quand même dit oui ou plutôt «  « Je vous écoute ».

Lui : La robe de mariée, c’est obligatoire qu’elle soit blanche ?

Moi : euh non ! Vous auriez voulu qu’elle soit comment ?

Lui : Une robe en pagne, un pagne vlisco bien cousu.

Moi (amusée) : Ah oui. C’est une idée. Pourquoi pas ? Il n’y a pas de règles. C’est plutôt une tradition mais bonne chance pour  lui faire changer d’avis hein …

Lui (surtout pour lui-même) : C’est vrai que le blanc c’est joli. On voit bien la mariée dedans. Mais je me demandais si on était obligé.

Moi : Non, du tout ! De plus en plus de personnes tentent autre chose. Donc si elle est d’accord, la robe peut être rose, rouge, jaune, en pagne, …. En tout cas moi, j’aurai une robe blanche.

Il s’est retourné, il m’a souri.